Plastiques merveilleux

Une alternative pour nos plastiques?

Le sujet du projet de centre de tri des déchets de Loublande, nous place face à deux problématiques majeures pour l’avenir : notre besoin en énergie et nos déchets, notamment les plastiques.
70% de notre énergie est fossile (pétrole, gaz, charbon). Elle nous est précieuse, mais elle est polluante. Elle devient de plus en plus rare et couteuse mais nous n’avons rien pour la remplacer en si grande quantité. Nous devrons rapidement  la préserver pour des secteurs primordiaux comme l’alimentation ou la santé, ou se rendre au travail, afin d’en conserver pour les générations futures et de limiter nos pollutions. Dans un futur proche, gaspiller de l’énergie pour transporter des déchets sur les routes nous paraîtra aberrant voir criminel, tout comme il nous paraît aberrant et criminel de balancer ses ordures dans la nature, aujourd’hui.

En France, nous jetons chaque année 68 kilos de plastiques par personne en moyenne. Le verre ou le métal sont recyclable à l’infini, mais pas le plastique qui deviendra tôt ou tard non recyclable. Le recyclage du plastique n’est donc pas une véritable solution pour nos déchets, même s’il peut modestement contribuer à retarder le problème. De plus, Les contraintes logistiques pour le recyclage et la consommation d’énergie des multiples étapes sont importantes. L’utilisation des produits dangereux nécessaires aux traitements engendre de nouveaux problèmes.

A mon sens, l’intérêt d’un site comme Loublande n’est donc pas démontré car aussi bien dans le transport que dans le recyclage, il demandera une consommation énergétique trop forte pour le service rendu, dès la décennie à venir. De plus, si demain la législation réduit fortement la consommation de plastiques à la source, un tel projet risque d’être surdimensionné.

Y aurait il une autre piste ? C’est bien possible. L’idéal est de réduire notre consommation de plastiques bien entendu mais une alternative est aussi prometteuse car elle fait du problème, une partie de la solution :

Le plastique est un dérivé du pétrole et il est possible de le transformer en carburant plastique-petrolepar pyrolyse. 60 % de nos plastiques sont concernés et une tonne de plastique donnerait 1000 litres de carburants liquide… Ce recyclage définitif présente des avantages indiscutables :

  • Il transforme un déchet encombrant en richesse.
  • Il supprime une partie des trajets lié aux déchets.
  • Il réduit considérablement les logistiques à mettre en place pour le tri des plastiques et les problèmes liés à l’enfouissement et l’incinération.
  • Il nous fournit de l’énergie utilisable, dans les véhicules de nos collectivités, par exemple.
  • Il réduit notre dépendance énergétique.
  • Il pourrait à terme faire baisser la facture pour les usagers (particuliers et entreprises). On pourrait imaginer des synergies au sein des pôles d’activités de l’agglo, par exemple.

Il existe sur le marché de petites « raffinerie » capables de transformer 750 kilos de plastique par jour, soit plus de 250 tonnes par an que l’on pourrait peut-être disséminer sur le territoire? De même qu’aujourd’hui le compost local peut gérer les déchets biodégradables, demain nous pourrions  transformer nos plastiques en énergie localement.
Une infrastructure coûteuse comme Loublande est elle encore opportune si l’on y retire la moitié de ses plastiques?  Cette possibilité a t’elle été explorée? Non. Mais il est encore temps.

Un récent rapport de la NASA (parmi d’autres) annonce l’effondrement de notre civilisation dans les décennies à venir pour trois raisons majeures : surexploitations des ressources, accroissement des inégalités sociales et incapacité des élites en place a prendre conscience de la situation et faire les bons choix pour stopper le processus. Et Monsieur Bernier n’est malheureusement plus dans la réalité du quotidien de notre planète.
                                                                                                           Franck Beillouin

Commentaire de François Frèrebeau
Alors, si je comprends bien, à l’heure où on tend à se débarrasser de la bagnole, on va lui fournir une prolongation du diesel qu’on devait arrêter ?
Chauffer encore la planète avec la pyrolyse, puis remettre les moteurs à combustion en route avec la même pollution que le diesel.
Il faudrait en plus fabriquer les machines, les distribuer sur le territoire et les faire produire du diesel ?  (toutes activités bien polluantes). Et sans doute sans taxe carbone, je parie.
Bravo le bilan carbone !
FF

à quoi Franck répond
Si tu transformes le plastique en carburant pour véhicule ou autre, tu n’accrois pas l’effet de serre puisque tu n’augmentes pas la consommation énergétique globale. Bien au contraire, tu la réduis en comparant à la filière de traitement classique des déchets… Et utiliser une voiture diesel déjà construite au lieu de la mettre à la casse pour une voiture « propre » à construire, est certainement plus écologique (surtout si c’est une électrique).

De plus, tu donne une valeur au plastique qu’il vaut mieux désormais métamorphoser que jeter dans la nature.  C’est une belle opportunité pour les pays suffoquant sous les plastiques et dépendant énergétiquement. En attendant la fin du plastique.
De plus le recyclage des plastiques est une « illusion » puisque presque tous les plastiques finissent en déchets non recyclables après plusieurs cycles.
                                                                                                 Franck Beillouin

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